E2 - Choisir son caméscope numérique
Pierre-Alain Dorange - février 2002 - mise à jour février 2005

Cet article tente de jeter les bases pour vous permettre de choisir votre équipement sans toutefois entrer dans le détail des marques et modèles car les gammes évoluant rapidement, les caméscopes d'aujourd'ui ne seront plus à jour dans quelques mois.

                

Cibler et définir vos besoins

Evaluer vos besoins avec attention pour sélectionner le type de caméscope qui répondra à vos besoins élémentaires et à vos souhaits pour le futur proche.

Ca parait simple et élémentaire, mais souvent on aura tendance à surestimer ses besoins et à ce laisser entousiasmer par un détail anectodicque. Si vous êtes un amateur et que vous désirez filmer vos vacances, vos enfants pour visualiser sur votre TV; inutile de tirer des plans sur la comête et d’acquérir un caméscope à 3 000 € tri-ccd, un simple modèle bas de gamme sera largement suffisant pour réaliser vos films.

Etudier ce que vous voulez vraiment faire avec votre matériel (type de film, moyens de montage et moyen de diffusion), le temps que vous aurez à y consacrer et le budget disponible.

Définir votre configuration vidéo

Un caméscope seul ne servira pas à grand chose, il faut dès le départ intégrer les accessoires dont vous aurez besoin immédiatement et éventuellement les accessoires que vous acquèrerez dans un futur proche afin d’affiner le choix du caméscope et de définir votre budget global sans avoir de surprise.

Au rang des accessoires vraiment fondamental :

  • sacoche de transport
  • batterie supplémentaire (si vous pensez utiliser intensivement votre caméscope de manière nomade)
  • logiciel de montage (iMovie livré avec votre mac suffira largement pour débuter)
  • des cassettes vierges, on les consomme plutôt rapidement et l'on a du mal a effacer mêmes des vieux rushs (au cas ou il servirait un jour)...

Accessoires utiles ou pratique

  • Pied tri-pod, pour éviter la tremblotte
  • Micro externe, pour la prise de son
  • Casque audio, pour régler correctement le son
  • Chargeur de batterie externe, pour faciliter les tournages
  • Câbles et adaptateurs divers (pour brancher sur votre TV ou celle de votre oncle) : cable RCA vidéo/audio, adaptateur RCA/Péritel, cable S-Vidéo...
  • Torche vidéo ou spot, pour l'éclairage en intérieur
  • Filtres optiques (neutre, polarisant...)
  • Enregistreur Audio autonome (MiniDisc par exemple)

Accessoires pour les pros

  • moniteur vidéo externe, pour visualiser et monter
  • micro directionnel et omni-directionnel pour une prise de son de qualité
  • magnétophone DAT (audio numérique), pour un son techniquement "parfait"
  • projecteurs, pour un bon éclairage
  • pied professionnel, pour un bonne prise de vue
  • rembobineur (les caméscopes sont TRES lent à rembobiner les cassettes)
  • Optique (Bague grand angle, bague zoom...)
  • ...

La prise en compte des accessoires est importante car même si ils ne sont généralement pas très couteux on peut vite en cumulant atteindre la moitié du prix du caméscope lui-même.

Définir un budget

Définissez le budget que vous vous allouez pour votre équipement vidéo en y incluant la station de montage si vous ne possédez pas d’ordinateur. Car filmer c’est bien, mais sans montage vos films ne seront certainement pas regardable par un autre public que vous.

Pour une utilisation amateur ou même semi-pro occasionnelle, un Mac Mini, un iMac ou un iBook de base sont amplement suffisant (livré avec iMovie). Pour une utilisation intensive et si votre budget vous le permet visez un PowerMac (ou un PowerBook) avec Final Cut Express ou Pro.

Le budget comprendra l’ensemble de l’équipement vidéo et vous pourrez aussi classer vos accessoires et logiciels en fonction de votre budget initial et votre budget futur pour des évolutions et compléments. N’oubliez pas d’inclure les supports (cassettes, CD vierge...) qui peuvent vite devenir cher si vous filmez beaucoup.

Etudier les caractéristiques

En étudiant les documents des fabricants ou même les catalogues des grandes enseignes vous serez vite noyé sous les données techniques. Il est bon d’en connaitre les grandes lignes avant de se lancer dans une sélection ou de discuter avec un vendeur.

Grande famille de caméscope

Les caméscopes numériques regroupent 3 grandes familles de matériels :

  • Grand public : matériel bas et moyen de gamme. Ce sont des caméscopes mono-CCD, cad qu’il ne possède qu’un seul capteur CCD et donc qu’il filtre les couleurs pour obtenir le RVB (Rouge, vert bleu) de base.
  • Semi-pro ou amateur intensif : matériel moyen et haut de gamme. Ce sont des caméscopes tri-CCD, cad qu’ils possèdent 3 capteurs CCD (un par couleur de base RVB) et généralement une optique (lentilles) de qualité. Le rendu des couleurs, le piquet est meilleur et il produisent moins de bruits vidéo car ils sont souvent plus sensible à la lumière.
  • Pro : le matériel pro est hors de prix et réclame des compétences qui vous dispensent de lire les articles du Garage et surtout dépasse les miennes ;-)

Supports numérique

Il existe plusieurs types de support pour la vidéo numérique :

  • cassette Mini-DV : c’est le support standard de la vidéo grand public (les pros utilisent des supports DV-CAM, Béta-Numérique...).
  • cassette Digital-8 (Sony) : un support hybride mis au point par Sony, qui enregistre les mêmes informations que les cassettes MiniDV (Format DV compatible) mais sur un support compatible avec les cassettes Hi8 (standard analogique). Les cassettes étant plus grosses que les Mini-DV les caméscopes sont aussi plus gros mais propose généralement la compatibilité avec les cassettes analogiques Hi8 ce qui est un gros plus si vous possédez des bandes à ce format dans vos archives. Les scopes D8 permettent aussi souvent l’import de vidéo analogique et peuvent donc servir de boitier de conversion (un gros plus).
  • cassette Micro-MV (Sony) : nouveau format mis au point par Sony (qui décidement fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour imposer des formats propriétaires). Les cassettes sont encore plus petite que les MiniDV ce qui permet des caméscopes encore plus petit, mais totalement incompatible avec le standard DV. En fait les vidéos sont enregistrées en MPEG-2 (format du SVCD et du DVD).
    Le Micro-MV est tout nouveau et il n’existe aucun logiciel pour Mac capable de monter avec ce codec. De plus le MPEG-2 s’il présente l’avantage d’une forte compression pour une bonne qualité, n’est pas un format vidéo adapté au montage. Il s’agit d’un format de diffusion.
    Monter des films MPEG-2 ne peut que dégrader rapidement la qualité... A eviter donc pour le montage.

La connectique

En fonction de vos besoins étudiez avec attention la connectique proposée.

Tous propose en standard une prise DV-Out (FireWire ou iLink ou IEEE 1394, c'est la même chose) qui permet d’exporter les vidéos sur une station de montage (iMac, iBook, PowerMac, PowerBook ou même un PC équipé d'une interface IEEE 1394 OHCI).

Une prise micro s’avère utile pour enregistrer un son de bonne qualité (les micros internes sont trop proche de la mécanique et produisent des bruits de fond importants, même sur les modèles tri-CCD), avec si possible un réglage du niveau d'enregistrement.

Si vous faites des montages et que vous désirez remettre vos films montés sur cassette au travers de votre caméscope il est indispensable que celui-ci dispose d’une prise DV-In (FireWire). Cette fonction est presque toujours incluse mais n’est pas activée sur les modèles bas de gamme. Il existe sur le marché des débrideurs (voir paragraphe DV-In de l'article "Vidéo Numérique pour iMac DV"). De nombreux modèles existe désormais à des prix accessible et possédent le DV-In de base.

Une prise casque est très pratique pour valider que le son que vous enregistrez est correct ou pour écouter vos vidéos en direct. Dans ce cas un réglage du volume d'écoute peut s'avérer utile.

Une prise pour un flash ou une torche vidéo s’avérera utile si vous comptez utiliser ce genre d’accessoire (utile en intérieur notamment).

Une entrée analogique peut être utile si vous souhaitez récupérer des vidéos analogiques (depuis un magnétoscope, un tuner ou un vieux caméscope). Ces entrées existent souvent sur les modèles Digital-8 de Sony et sur certains caméscopes haut de gamme. Vous pouvez aussi acquérir un boitier externe supplémentaire pour se genre d’opération.
Attention toutefois car les caméscopes DV sont tous à la norme PAL, alors que nos programmes TV et les cassettes vidéos du commerce sont à la norme SECAM.

Qualité

Outre le nombre de capteur CCD (mono ou tri-CCD) c'est surtout d’autres paramètres qui influt sur la qualité des images obtenues.

La sensibilité (lumière minimum pour obtenir une image correcte) est très importante. La plupart des caméscopes grand-public ont une sensibilité plutôt moyenne voire faible qui produit donc des images très bruitées dès que la lumière n’est pas “forte”. Cela devient génant surtout en intérieur ou seul l’usage d’une torche ou de sports puissant peut pallier ce problème.
Les modèles tri-CCD ont souvent une sensibilité supérieure.

La sensibilité est très fortement lié à la taille des photosites (capteur unitaire du CCD). Plus un capteur est grand (taille mesurée en pouces) plus il est sensible. Plus un capteur a de pixels, moins il est sensible.

La taille du capteur (en pixels) est aussi très variable et influt directement sur les détails de vos images. Le format DV PAL définit 720x576 pixels (soit 420 000 pixels) mais peu de caméscopes bas de gamme propose des capteurs de ce format. Il faut aussi tenir compte du stabilisateur numérique qui rogne dangereusement les dimensions utiles du capteur lorsqu'il est actif.

600 000 pixels suffisent donc largement pour de la vidéo. Certains caméscopes proposent 1 ou 2 millions de pixels, ces tailles sont utiles que pour le mode photo et de telle définition font chuter la sensibilité.

L’optique (lentilles, zoom) influt aussi beaucoup sur la qualité de vos images. A propos du zoom, la plupart des fabriquants indique le zoom numérique comme valeur et propose ainsi des x400 ! En réalité il faut fouiller dans les docs et regarder uniquement le zoom optique qui lui est beaucoup plus faible. Le zoom numérique est réalisé par l’électronique sur la base du zoom optique par grossissement artificiel des pixels ce qui aboutit à une qualité très mauvaise, je conseille d’ailleurs de déactiver la fonction zoom numérique et de vous contenter du zoom optique qui est le seul vrai zoom.
Zoomer est souvent pris comme la capacité à s’approcher de la scène, mais on peut aussi s’en éloigner par l’opération inverse (grand angle), ceci est parfois très important lorsque par exemple vous voulez filmer dans une petite pièce un groupe de personne par exemple. C'est souvent un point faible des caméscopes numériques.

Au lieu de simplement étudier la valeur de Zoom, regardez plutôt la focale qui représente optiquement les vrais capacités de zoom (éloignement et grossissement). La Focale est définit par une valeur mini (éloignement) et maxi (grossissement). Voir article sur l’optique.

Les modes d’exposition sont importants pour optimiser vos prises de vues. Les caméscopes proposent des programmes spécifiques pour un certain nombre de conditions (nuageux, plage, neige, intérieur...), l’option de réglage d’exposition manuel est un plus important (diaphragme manuel) pour une bonne qualité d’image dans toute les conditions.

L’autofocus. Tout les caméscopes ont un auto-focus automatique, cad que la mise au point est faite automatiquement sur une zone centrale. Toutefois ce genre d’automatisme peut être génant dans certains cas (le sujet est éloigné et un passant... passe devant). La possibilité de le débrayer pour le piloter manuellement est un plus non négligeable (tester la souplesse de ce réglage). Mais attention effectuer une mise au point manuelle réclame du doigtée et nécessite un moniteur externe, inutile espérer faire une bonne mise au point manuelle dans l'oeilleton de votre caméscope...

Autonomie
Voilà un point important sur lequel on butte rapidement dès les premiers tournages : l’autonomie. Votre caméscope est équipé d’une batterie qui le rend autonome pour une durée dépendant de votre usage, des fonctions et de la charge de la batterie.

Pour des tournages long, prévoyez une deuxième batterie chargée. Voir un chargeur externe qui vous permettra de jongler avec une batterie dans le caméscope et une autre en charge. Sachez que les durées annoncées par les fabricants sont toujours “gonflées” par rapport à la réalité et que les batteries fournis d’origine sont souvent petites. Vous pouvez bien sur en aquérir d’autres de même capacité ou des plus grosses (et plus lourde). Une durée réelle de 90 minutes est un minimum pour travailler confortablement.

L’usage de l’écran LCD, du Zoom de façon intensive ou du rembobinage réduit énormément la durée d’autonomie. Visualisez vos rushs de préférence sur le secteur.

D’autre part renseignez vous sur le mode de recharge des batteries. Ainsi si la batterie nécessite d’être dans le caméscope pour se recharger (cas le plus courant) cela immobilise votre matériel pendant la recharge. La durée de recharge peut être importante (souvent autant que l’autonomie).

Fonctions utiles

Capture d’une trame
Cette fonction est très utile pour réaliser des films d'animation image par image car dans ce mode on capture une seule trame à la fois (image par image donc). C'est une fonction plutôt rare, elle peut être compensée par l'enregistrement d'un séquence courte (1 seconde = 24 images) sur laquelle on effectuera ultérieurement un moyennage (via FrameBlender).

Télécommande
Les fonctionnalités de la télécommande peuvent aussi rendre bien des services : déclenchement de l'enregistrement à distance, affichage du timecode en lecture... L'ergonomie est un point important.

Fonctions pas très utiles

Stabilisateur numérique
Le stabilisateur a pour fonction de corriger les bougés en prise de vue lorsque l'on utilise pas de pied. Même si les résultats sont parfois assez spectaculaire, un stabilisateur ne remplace pas un pied (même un mono pied). De plus la majorité des stabilisateurs sont numérique et c'est donc le logiciel du caméscope qui recadre l'image en permanence pour assurer une certaine fluidité. Ce type de technique donne de bien moins bon résultats qu'un stabilisateur optique et de plus réduit le nombre de pixels définissant l'image ce qui dégrade la qualité globale. C'est une fonction à débrayer et à remplacer par un pied, à mon avis.

Effets spéciaux et titrage
Tout les caméscopes proposent une pléthore de fonctions avancées, d'effets spéciaux (sépia, nb, ralenti, flou...) qui sont très amusant mais qui sont quasiment inutile. Sans parler que leur usage en tournage sont plutôt aléatoire, ils peuvent être reproduit (avec même une meilleure qualité) lors du montage sur son micro-ordinateur. AfterEffect par exemple est le roi de ces effets vidéos.
Inutile donc de se focaliser sur cet aspect.

Zoom numérique
Evoqué plus haut (optique) le zoom numérique ne signifie rien, c'est pourtant souvent la seule valeur de zoom affichée sur les plaquettes. Demandez plutôt la valeur de zoom optique ou les focales de l'appareil.

Photos

Un caméscope n’est pas et ne sera jamais vraiment un appareil photo numérique.

De plus en plus de caméscopes sont vendus avec des fonctions “photos” avancées. Certains appareils capturent simplement une image fixe sur bande avec la qualité... vidéo; d’autres utilisent des cartes mémoires et capturent de “vraies” photos.

Dans tout les cas sachez que la qualité est loin de ce qu’un appareil photo est capable de nos jours, mais cela peut tout de même être une fonction d’appoint ou remplacer partiellement un appareil photo si vous n’avez pas le budget pour.

Dans ce cas étudiez avec plus d'attention la qualité des objectifs et la définition du capteur CCD qui doit dépasser largement la définition requise pour la vidéo et posséder un mode “progressive scan” qui capture une image fixe en une seule passe ou lieu des demi-trames du mode vidéo normal (voir article Format & recadrage).

Sur cet aspect particulier, un test du matériel est fondamental pour ne pas être déçut.

Tester la compatibilité avec votre matos de montage

Si vous en avez la possibilité, testez le caméscope qui vous tente avec votre matériel informatique. Si vous possédez un portable (iBook ou PowerBook) amenez le chez votre vendeur (batterie chargée à fond) et demandez à tester le scope. Certaines enseignes peuvent même vous préter le matos contre une caution.
N’oubliez pas que vous disposez de quelques jours pour ramenez le matériel si vous n’êtes pas satisfait de votre achat, faites vous précisez la procédure auprès du vendeur et prévoyez du temps après votre achat pour tester à fond avant l'expiration du délai légal.

Si vous ne pouvez tester, consulter le site Apple qui fourni une liste non exhasutive des matériels testés pour iMovie et Final Cut Pro.

Caméscope compatible iMovie selon Apple (FR)

N’hésitez pas non plus a demander, sur les forums usenet francophone (fr.comp.sys.mac, fr.rec.son-image.video.realisation et fr.rec.son-image.video.materiel) ou internet, l’avis d’autres utilisateurs sur le matériel que vous avez retenu.

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